Caterpillar a ravitaillé pour la première fois une pelle hydraulique de la classe 50 tonnes avec du diesel solaire et l'a envoyée à un test pratique. Le fabricant de machines de construction souhaite évaluer si les carburants synthétiques (e-fuels) constituent une option techniquement et économiquement viable pour réduire les émissions de CO₂ pendant le fonctionnement des machines. La désignation précise du modèle, le lieu de déploiement et la durée du projet pilote n'ont pas été communiqués jusqu'à présent.
Le diesel solaire est synthétisé à partir de CO₂ et d'hydrogène généré de manière régénérative via un procédé power-to-liquid. Comparé au diesel fossile, le bilan CO₂ du puits à la roue est réduit de jusqu'à 90 pour cent selon les indications du fabricant, à condition que l'électricité provienne entièrement de sources renouvelables. Le carburant est chimiquement presque identique au diesel conventionnel et doit donc pouvoir être utilisé sans modification du moteur ou du système d'alimentation en carburant. Le test de terrain actuel vérifie si cela s'applique également aux convertisseurs SCR et aux filtres à particules diesel généralement installés dans les pelles hydrauliques.
La question centrale pour les entreprises de construction est moins la compatibilité technique que la disponibilité et le prix. Le diesel solaire coûte actuellement plusieurs fois plus cher que le diesel fossile, selon la source entre 2,50 et 4,50 euros par litre. De plus, il n'existe pas d'infrastructure généralisée pour le ravitaillement sur les chantiers. Tant qu'il n'y a pas de subventions publiques ou d'incitations fiscales, l'amortissement reste mathématiquement irréalisable pour la plupart des entreprises. Caterpillar n'a pas communiqué jusqu'à présent sur les coûts prévus par heure de fonctionnement par rapport au diesel standard.
Pour Caterpillar, ce test est une autre étape de sa stratégie de décarbonisation. Le fabricant développe en parallèle des pelles électriques et des entraînements hybrides, mais continue de miser sur les moteurs à combustion interne pour les machines lourdes à fortes heures de fonctionnement. La question de savoir si le diesel solaire est positionné comme solution transitoire ou complément permanent dépend de la montée en puissance de la production et de l'évolution des prix. Des concurrents comme Liebherr et Volvo CE testent également les carburants synthétiques, mais jusqu'à présent uniquement dans le cadre de projets pilotes isolés.
Un lancement en série ou un engagement contraignant pour la disponibilité du diesel solaire en tant qu'option de ravitaillement pour les machines de construction n'a pas encore eu lieu. Le test de terrain de Caterpillar fournit les premières données d'exploitation sur le comportement du moteur, la consommation de carburant et les valeurs d'émission dans des conditions d'utilisation réelles. Tant que ces données ne sont pas disponibles et comparées au diesel conventionnel, la faisabilité pratique du diesel solaire dans les terrassements reste une question ouverte.
