La Société allemande pour la construction durable (DGNB) a élargi son portefeuille de certification pour inclure la durabilité des chantiers. Alors que les certifications précédentes se concentraient principalement sur les bâtiments achevés, l'exécution de la construction elle-même est désormais au centre de l'attention. Pour les exploitants de machines, les bailleurs et les fabricants de machines de construction, cela signifie des exigences concrètes en matière de normes d'émission, de gestion du bruit et d'utilisation de leurs équipements.

Nouveaux critères d'évaluation pour la phase de construction

La certification DGNB pour les chantiers durables évalue systématiquement les impacts environnementaux pendant l'exécution de la construction. Cela affecte directement l'utilisation de pelleteuses, de chargeuses sur roues, de grues et d'autres machines de construction. Alors que jusqu'à présent, les aspects de durabilité jouaient plutôt un rôle dans le cadre d'engagements volontaires ou d'exigences spécifiques aux projets de certains maîtres d'ouvrage, la DGNB établit désormais un cadre standardisé. Celui-ci devrait être de plus en plus appliqué aux appels d'offres publics et aux grands projets de construction.

Pour les exploitants de machines, cela crée des critères mesurables qui vont au-delà des exigences légales minimales. La certification prend en compte divers aspects de l'organisation du chantier, le parc de machines jouant un rôle central. Les entreprises doivent pouvoir démontrer que leurs équipements répondent à des normes environnementales définies et que l'exécution de la construction suit des critères de durabilité.

Normes d'émission et technologie motrice

Un aspect central de la certification concerne les émissions des machines de construction. Les normes actuelles d'émission des gaz d'échappement de l'UE pour les machines et équipements mobiles (Stage V) forment certes une base juridique, mais les chantiers certifiés durables exigent souvent une approche encore plus complète. Cela signifie pour les exploitants que les anciens stocks de machines atteignent de plus en plus leurs limites d'utilisation.

Particulièrement en zones urbaines, où de nombreux projets de nouvelle construction dignes de certification sont en cours, les entraînements à faibles émissions ou zéro émission deviennent pertinents. Les pelleteuses compactes électriques, les chargeuses sur roues avec entraînement hybride ou les équipements de compactage alimentés par batterie gagnent en importance. Au cours des dernières années, les fabricants ont élargi leurs gammes de produits, mais la disponibilité de ces machines sur le marché de la location varie encore selon les régions.

Pour les entreprises de construction se pose la question de la rentabilité : faut-il investir dans ses propres machines électriques ou recourir à des offres de location spécialisées ? Les coûts d'acquisition des pelleteuses électriques et autres équipements zéro émission sont nettement plus élevés que ceux des machines diesel conventionnelles. En même temps, les coûts d'exploitation sont plus bas et sur les projets soumis à la certification, des avantages compétitifs peuvent émerger.

Gestion du bruit sur le chantier

En plus des émissions, la protection contre le bruit joue un rôle important dans la gestion durable des chantiers. La densification urbaine fait que les chantiers se trouvent de plus en plus souvent en direct voisinage avec des zones résidentielles. La certification DGNB évalue comment le bruit du chantier est minimisé. Cela concerne à la fois le choix des machines utilisées et leur mode de fonctionnement.

Les machines de construction modernes disposent de compartiments moteurs encapsulés et de systèmes hydrauliques optimisés qui réduisent le niveau sonore. Les entraînements électriques offrent des avantages supplémentaires car ils fonctionnent beaucoup plus silencieusement que les moteurs à combustion. Pour les exploitants de machines, cela signifie que dans les appels d'offres pour les projets certifiés, non seulement les données de performance et les prix de location comptent, mais les valeurs d'émission sonore doivent également être documentées.

Les mesures organisationnelles sont également prises en compte dans l'évaluation : les travaux bruyants doivent être limités à certaines heures de la journée, la logistique du chantier doit être organisée de manière à éviter les temps de fonctionnement inutiles des machines. Cela nécessite une planification d'utilisation plus précise et possiblement des équipements de meilleure qualité qui fonctionnent plus rapidement et efficacement.

Gestion des déchets et recyclage sur le chantier

La certification comprend également la gestion des déchets de construction et des matériaux d'excavation. Pour les exploitants d'installations de concassage et d'équipements de recyclage, de nouveaux domaines d'activité s'ouvrent ici. Les installations de concassage mobiles permettent le traitement des débris de construction directement sur le chantier, réduisant ainsi les distances de transport et évitant les frais de mise en décharge.

La collecte séparée et la valorisation des déchets de chantier sont systématiquement documentées dans les projets certifiés. Cela nécessite des concepts logistiques appropriés et des machines adaptées pour manipuler différentes fractions de matériaux. Les chargeuses sur roues avec systèmes d'échange rapide, qui peuvent utiliser différents équipements pour différents matériaux, deviennent plus importantes.

De nouvelles exigences émergent également en termes de terrassement : l'excavation des terres doit si possible être réutilisée sur place. Cela supposque les machines de terrassement puissent être utilisées de manière flexible entre différentes phases de construction et que l'organisation du chantier prévoie des zones de stockage temporaire correspondantes.

Électrification de la flotte comme question stratégique

L'évolution vers des chantiers durables accélère l'électrification des flottes de machines de construction. Alors que la mobilité électrique est déjà établie pour les voitures particulières et les véhicules utilitaires légers, le secteur des machines de construction est encore en phase de transition. Les fabricants proposent de plus en plus de pelleteuses compactes électriques, de chargeuses sur roues et de télescopiques, mais pour les machines plus grandes, l'entraînement diesel domine toujours.

Pour les entreprises de construction se pose la question de la stratégie d'investissement. Une conversion complète du parc de machines est difficilement justifiable économiquement. Au lieu de cela, de nombreuses entreprises développent des concepts de flotte hybrides : petits équipements électriques pour les zones du centre-ville, machines conventionnelles pour les grands chantiers en dehors des centres urbains. Cela nécessite cependant une planification d'utilisation différenciée et une logistique supplémentaire.

L'infrastructure de recharge sur les chantiers est un autre défi. Contrairement aux applications stationnaires, des stations de recharge mobiles ou des connexions électriques suffisantes doivent être disponibles. Sur les grands chantiers, cela peut être planifié, mais sur les petits projets ou en terrassement avec des sites d'intervention changeants, l'approvisionnement énergétique est plus complexe.

Conséquences pour les entreprises de location

La certification DGNB affecte également le marché des machines de location. Les bailleurs doivent adapter leur portefeuille si les clients demandent de plus en plus de machines à faibles ou zéro émission. Cela absorbe un capital considérable car les machines de construction électriques sont plus coûteuses à l'achat et les délais d'amortissement peuvent être plus longs.

En même temps, des opportunités de spécialisation émergent : les bailleurs qui investissent tôt dans des flottes de machines durables peuvent se positionner comme partenaires pour les projets certifiés. Cela nécessite non seulement l'acquisition d'équipements appropriés, mais aussi l'expertise en conseil. Les clients s'attendent à un soutien pour sélectionner les machines appropriées et documenter les valeurs d'émission pour la certification.

Les différences régionales jouent un rôle : dans les zones métropolitaines avec une activité de construction intensive et des réglementations environnementales strictes, la demande de machines à faibles émissions se développe plus rapidement que dans les zones rurales. Les bailleurs doivent orienter leurs investissements en fonction de leurs zones de marché.

Défis pour les fabricants

Les fabricants de machines sont confrontés à la tâche d'élargir leurs gammes de produits tout en garantissant la rentabilité pour leurs clients. Les entraînements électriques sont techniquement matures pour les machines compactes, mais pour les machines plus grandes comme les pelles sur chaînes lourdes ou les grues mobiles, ils présentent toujours des limitations en termes de puissance et de durée d'utilisation.

Le développement de concepts de propulsion alternatifs nécessite des investissements importants en recherche et développement. Les entraînements hybrides, les piles à combustible ou les carburants synthétiques sont discutés comme technologies de transition. Pour le parc de machines qui ne peut pas être remplacé rapidement, les solutions de retrofit pour réduire les émissions sont pertinentes.

Les fabricants doivent également adapter leurs systèmes de documentation. Si les exploitants de machines doivent prouver des données d'émission détaillées et des valeurs de consommation pour la certification, des spécifications de fabricant précises et idéalement des systèmes de surveillance numérique sont nécessaires. Cela s'aligne avec la tendance générale vers la télématique et les logiciels de gestion de flotte.

Évaluation économique et perspectives

La certification DGNB pour les chantiers durables sera d'abord appliquée aux projets prestigieux et aux travaux de construction publics. La part de tels projets sur le marché global est encore limitée, mais l'évolution indique une direction claire. Les réglementations légales plus strictes concernant les émissions et la protection du climat renforceront les exigences.

Pour les exploitants de machines, cela signifie que les investissements dans des équipements modernes et à faibles émissions sont à long terme inévitables. La question est moins de savoir si, mais plutôt quand et dans quelle mesure il faut passer la transition. Les entreprises qui agissent rapidement peuvent s'assurer des avantages compétitifs et marquer des points sur les projets soumis à la certification.

En même temps, la rentabilité ne doit pas être perdue de vue. Les coûts d'acquisition plus élevés doivent s'amortir sur la durée du projet. Cela n'est possible que si la capacité d'utilisation est appropriée et que les maîtres d'ouvrage sont prêts à supporter les coûts supplémentaires de la construction durable. La certification DGNB pourrait y contribuer en rendant les performances de durabilité mesurables et comparables.

L'industrie des machines de construction fait face à un processus de transformation, auquel la nouvelle certification confère un élan supplémentaire. Pour les fabricants, les bailleurs et les exploitants, cela crée des défis, mais aussi des opportunités de différenciation sur un marché de plus en plus orienté vers la durabilité.