Le constructeur français Mecalac ferme définitivement son usine de Büdelsdorf en Allemagne au 31 mars. 130 emplois sont directement menacés dans le nord du Schleswig-Holstein. La direction n'a pas communiqué de calendrier social détaillé.

L'usine produisait notamment des chargeuses-pelleteuses et des minipelles pour le marché germanophone. Avec sa fermeture, Mecalac concentre sa production sur les sites français et son réseau de partenaires. La capacité annuelle du site de Büdelsdorf tournait autour de 800 machines.

Ce retrait intervient dans un contexte de restructuration industrielle du secteur. Depuis l'entrée en vigueur des normes Stage V en 2020, les fabricants de machines compactes doivent composer avec des surcoûts de motorisation significatifs. Les moteurs certifiés Stage V coûtent entre 15 et 25 % plus cher que les générations précédentes. Pour les petits volumes de production comme ceux de Büdelsdorf, cette hausse pèse lourd sur la rentabilité.

Les fournisseurs régionaux sont également touchés. Plusieurs sous-traitants hydrauliques et de composants métalliques réalisaient plus de 30 % de leur chiffre d'affaires avec l'usine Mecalac. Leur repositionnement commercial s'annonce difficile dans une région où les donneurs d'ordre du BTP sont rares.

Mecalac mise désormais sur l'électrification de sa gamme. Le groupe a récemment lancé les modèles e12, eS1000 et eMDX, tous produits hors d'Allemagne. Cette stratégie reflète un choix : investir dans les pelles électriques plutôt que maintenir une usine en difficulté structurelle.

Pour les entreprises de BTP allemandes clientes de Mecalac, la question du service après-vente se pose. Le réseau de concessionnaires reste actif, mais les délais de pièces détachées risquent de s'allonger avec la fermeture du stock local. Un point à surveiller pour les flottes équipées en machines Mecalac.

La fermeture de Büdelsdorf s'inscrit dans une vague de rationalisations industrielles en Europe. D'autres fabricants ont récemment regroupé leurs capacités : Wacker Neuson a fermé deux lignes de production en Autriche en 2023, et CASE a transféré une partie de sa production de dumpers vers l'Italie. La pression sur les coûts liée aux normes environnementales redessine la carte industrielle du secteur.