La charge de basculement désigne la charge maximale théorique qu'une grue mobile, une grue à tour ou une pelle hydraulique équipée en levage peut supporter à un rayon donné avant que la machine n'atteigne le point d'équilibre critique et ne commence à basculer autour de son arête de renversement. Il s'agit d'une valeur physique liée à la stabilité, déterminée par le rapport entre le moment de renversement généré par la charge et le moment stabilisateur produit par le poids propre de la machine, son lest et la position de ses appuis ou stabilisateurs.
Principe physique
Le calcul repose sur l'équilibre des moments autour de l'arête de basculement, c'est-à-dire la ligne formée par les points d'appui au sol les plus proches de la charge (bord du châssis, stabilisateur, chenille). Tant que le moment stabilisateur dépasse le moment de renversement, la machine reste en équilibre. Au point de basculement théorique, ces deux moments s'égalisent : c'est la charge de basculement proprement dite, un seuil physique et non une valeur d'utilisation.
Distinction avec la charge nominale
La charge de basculement ne figure pas telle quelle dans les tableaux de charge remis à l'opérateur. Ces tableaux indiquent la charge nominale, c'est-à-dire une valeur réduite par rapport à la charge de basculement afin d'intégrer une marge de sécurité contre les effets dynamiques (accélérations, vent, imprécisions de pesée, flexibilité de la flèche). La charge nominale reste donc toujours inférieure à la charge de basculement réelle de la machine ; les deux grandeurs ne doivent pas être confondues, la seconde servant de référence de calcul et non de valeur d'exploitation.
Facteurs d'influence
La charge de basculement varie selon plusieurs paramètres : le rayon de travail (elle diminue quand le rayon augmente), la configuration de la flèche ou du mât (longueur, angle, présence d'une pointe), le lest monté sur la machine, l'écartement et le déploiement des stabilisateurs, ainsi que l'assise au sol (pression de contact, portance du terrain). Pour les grues sur chenilles ou sur pneus sans stabilisateurs déployés, la largeur de la voie et la rigidité des chenilles influencent également la position de l'arête de basculement.
Charge de basculement en pratique
Les fabricants communiquent parfois la charge de basculement comme indicateur de la capacité structurelle maximale d'une configuration, en complément du moment de levage exprimé en tonnes-mètres. Elle permet aux planificateurs de lever et aux loueurs de comparer la robustesse d'un modèle au-delà des seules valeurs de charge nominale publiées dans les tableaux.
La charge de basculement dans notre couverture rédactionnelle
Dans l'article « Le propriétaire français S.V.M.M. commande une Tadano AC 5.250-L2 de 250 tonnes – Le segment des grues se consolide », la charge de basculement au-dessus de l'arrière, stabilisateurs complètement déployés, est indiquée à environ 38 tonnes, pour un moment de levage maximal de 250 tonnes-mètres sur cette grue mobile équipée d'un mât télescopique pouvant atteindre plus de 91 mètres.