JCB a obtenu la première homologation de type complète de l'UE pour un moteur à combustion d'hydrogène. Le fabricant britannique emprunte ainsi sa propre voie entre le diesel et les excavateurs électriques. Au lieu de miser sur les piles à combustible, JCB brûle de l'hydrogène pur directement dans le moteur. Les gaz d'échappement ne contiennent que de la vapeur d'eau.
L'homologation de l'UE est considérée comme une étape importante pour la technologie de l'hydrogène dans les engins de construction. Elle confirme que le moteur respecte toutes les normes européennes en matière d'émissions et de sécurité. JCB peut désormais installer les moteurs en série dans les engins de construction et les vendre dans toute l'Europe. Jusqu'à présent, seuls des prototypes ont été testés sur le terrain.
JCB développe la combustion de l'hydrogène depuis plusieurs années. L'avantage : l'architecture moteur existante peut être utilisée. Contrairement aux piles à combustible, les catalyseurs et les piles coûteux sont supprimés. La densité de puissance est proche du diesel. Pour les chargeuses-pelleteuses et les chargeuses sur pneus, qui travaillent souvent plus de 10 heures d'affilée, c'est un point décisif. Les réservoirs d'hydrogène peuvent être remplis en 5 à 10 minutes, bien plus rapidement que la recharge des batteries.
L'entreprise a déjà plusieurs prototypes en service. Notamment une excavatrice de 20 tonnes et une chargeuse télescopique. Les machines travaillent sur des chantiers en Grande-Bretagne. Les premiers clients testent l'entraînement dans des conditions réelles. JCB collecte des données sur la consommation, les heures de fonctionnement et les temps d'arrêt. L'homologation ouvre maintenant la voie à la production en série.
L'industrie observe cette avancée avec intérêt. Tandis que Volvo, Liebherr et Caterpillar misent fortement sur les entraînements électriques, JCB poursuit une approche différente. Les systèmes à piles à combustible, comme ceux testés par Komatsu, restent coûteux et peu fiables. Le moteur à combustion d'hydrogène pourrait être une technologie de transition plus pragmatique, notamment pour les machines lourdes dans les travaux souterrains et les terrassements.
La question de l'infrastructure reste critique. Les stations d'hydrogène sont rares, particulièrement sur les chantiers loin des villes. La production d'hydrogène vert est énergivore et coûteuse. Sans capacités de production suffisantes, la technologie reste un produit de niche. JCB compte sur les gouvernements et les fournisseurs d'énergie pour développer l'infrastructure. La stratégie hydrogène de l'UE prévoit un développement massif d'ici 2030.
Pour les entrepreneurs en bâtiment, cette homologation signifie avant tout : attendre. Les premières machines de série ne sont pas attendues avant 2025. JCB n'a pas encore communiqué les prix. Ce qui est clair : l'entraînement sera plus cher que le diesel, mais moins cher que les systèmes à piles à combustible. Quiconque investit maintenant dans des flottes devrait vérifier la disponibilité d'hydrogène dans sa région. Pour les chantiers urbains soumis à des normes d'émissions strictes, cette technologie pourrait devenir une véritable alternative.





